LES CALINS DE NOËL

Je veux parler ici des rêves bleus que font les demoiselles, laissant leurs yeux sur un lac d’argent tournoyer et pour éventer de leurs ailes le désir qui couve entre leurs bras. Mais, voici le vaisseau des loqueteux, portant leur habit du dimanche un mardi, arrivant par vague colonisée peu à peu par des armées de pétroleuses qui ressemblent plus au sépulcre, mais pour les sapins cela ne m’a pas paru si dichotomique. Quelques gazelles sautaient dans les couloirs de l’Hôtel Plaza Athénée que l’on aurait pu chasser à foison, et ainsi voir le sang couler de ces biches sur la moquette blanche du luxueux palace parisien.

Quelle volonté avait ordonné l’invention de ces formes sophistiquées toujours plus ingénieuses et toujours plus distantes à mesure que les minutes s’écoulaient sur ma Tag avant que le Seigneur rachète cette maîtresse de mes heures ? De la spirale de Gauthier au flacon gravé, seul l’éventail attire mon attention parmi ce qui pourrait être des trésors provenant d’un cabinet de curiosités. Voilà le créateur Sylvain Le Guen qui a cette puissance géniale et déréglée du commun qui triomphe de l’unité orchestrée par l’efflorescence de son génie et de sa gentillesse.

L’éventail en sapin dans le reflet des yeux de ma douce, je suis le seul à en parler, je suis le seul qui soit concerné par ce miroir où l’air circule à travers moi et où l’air a un visage aimant. Voilà l’outil de Karl, que les autres ignorent, mais que la brise de son Hambourg natal lui rappelait souvent. Un outil si plissé qu’il pourrait sortir des plisseurs de Lognon. Voici que le sang aux joues que ma voisine recule, apportant à son visage une pâleur plus que de circonstance, comme le délice d’une âme emprisonnée derrière des convenances. L’artiste de ce sapin pense que les temps pré-adamiques avaient déjà donné cet alizé dans sa région si douce des Abruzzes.

Voici la maîtresse de cérémonie, en haut Yanina et sac Hermès, qui glisse comme si elle avait, à elle seule, regardé Paris en première de la mode. Des sapins de noël pour un câlin des couturiers au monde, car ce n’est pas la beauté de la femme qui ensorcelle, mais sa noblesse.

Anonymode

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