DIESEL OU LE VISAGE DE LA GUERRE

Voilà une histoire ou une photo que l’on peut voir partout : le masque de Salvador Dali emblème d’une série sur Netflix, qui est un raz de marée. Une histoire de braquage de gilets rouges « La Casa de Papel » narre les déboires d’un groupe de personnages profondément anti-système à l’heure où celui-ci est pointé du doigt par la population, et que les grandes sociétés du CAC40 sont dénoncées par le peuple là où le capitalisme est de plus en plus contesté. (Encore plus aujourd’hui avec le mouvement des Indignés en Espagne depuis 2011), la série se met du côté du peuple. Celui qui n’a rien pour survivre et qui veut berner le système qui l’a tant dupé depuis des années, pour mieux le défaire. La reprise du « Bella Ciao » par ces mêmes Gilets jaunes en « Macron Ciao » ces derniers mois vient d’ailleurs de la chanson de la série.

En reprenant un masque proche des Anonymous, figure de rébellion très appréciée du public, et qui est la figure stylisée d’un artiste anti-système Dali. Les personnages se révèlent finalement être des Robins des Bois des temps modernes, en volant les « voleurs de la société ». Dans une atmosphère où le peuple désire changer les choses et où la révolte sociale gronde (si elle n’est pas déjà là), « La Casa de Papel » coche toutes les cases de la demande des téléspectateurs. Bien sûr la mode ne reste pas à l’écart du phénomène, et la collection Diesel crée pour la circonstance des sweats à capuche, des pulls, des vestes imperméables, des casquettes et des t-shirts disponibles en rouge, blanc et noir, les couleurs phares de l’univers de la série. Chaque pièce rend hommage à un des personnages dans un style rebelle.

Toutefois, cette série est d’abord un succès marketing, dont Netflix a le seul mérite, mais, pour moi le phénomène télévisuel le plus surcôté depuis « Breaking Bad ». Certes, « La Casa de Papel » a su parler au public qu’elle visait avec une certaine maestria à la fois sur le fond (une histoire simple) et sur la forme (un rythme percutant), tout en proposant une petite réflexion sociale très actuelle. Cependant, l’ampleur du phénomène est terriblement décevant dans l’ensemble, une série qui répond à des codes narratifs traditionnels, à croire que le public ne cherche vraiment plus à se creuser la tête, s’il en a encore une.

Anonymode

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