TRIBUNE DU DIMANCHE

BIGDATA2C’est un chiffre qui aurait dû attirer l’attention de Monsieur Pascal Morand. Il faut savoir que 79 % des gens, qui ont un smartphone, regardent celui-ci 15 minutes après leur réveil, et un tiers des Américains préférerait abandonner leur vie sexuelle plutôt que leur Smartphone.

Si vous êtes addict à un site Internet ou à votre Smartphone, c’est normal car Internet est beaucoup plus intelligent que vous. Voici les points que Monsieur Pascal Morand doit retenir sur le ‘Big Data’ en réponse à sa tribune du Journal du Dimanche. Décrypter le géant d’Amazon n’est pas votre métier Monsieur, car si vous savez le pourquoi, il faut comprendre le comment ! Rien n’est soluble dans les algorithmes ! Formules qui ne veulent rien dire, car le Big Data est un concept d’un autre âge, mais nous sommes habitués avec les gens de la Chambre Syndicale!

L’enjeu pour la mode, c’est l’addiction en ligne de leurs consommateurs, et pour créer une addiction, il faut des déclencheurs fréquents et émotionnels comme ‘des récompenses’. Il y a deux types de déclencheur et d’addiction : le premier, c’est la publicité. Même si vous pensez que la publicité ne vous touche pas vous ne pouvez pas imaginer à quel point elle transforme et elle modifie les actions que vous allez mener tout au cours d’une journée.

Le deuxième est les déclencheurs internes. Ce sont les plus importants et une grande maîtrise des réseaux implique une grande responsabilité. Quand vous avez une incertitude sur une demande, vous allez sur Google pour chercher la réponse. Cette réponse va vous apporter un réconfort, car au bout de vos doigts en quelque secondes vous avez un outil de satisfaction immédiate de vos frustrations.

Dans une société où nous sommes toujours plus seuls, le fait d’aller sur Facebook, Pinterest ou twitter, nous apporte un réconfort inconscient, un réconfort d’avoir le sentiment de ne pas se sentir seul au monde. Au même type que la frustration d’être anonyme les instagramers font leur mode par selfie pour sortir de l’anonymat, et faire disparaître en quelques clics leur frustration.

Quand une entreprise a réussi à associer une émotion négative ou une frustration avec un site internet ou une application, l’entreprise a réussi à vous rendre addict.

Autrefois, quand les Modems mettaient 5 minutes à se connecter à l’internet et seulement de votre bureau, nous gardions nos frustrations avec nous et nous y étions habitués. Aujourd’hui, il suffit de dégainer notre Smartphone pour que ces frustrations soient immédiatement assouvies. L’incertitude, la solitude, l’ignorance, tous ces sentiments peuvent s’éteindre en quelques secondes. Toutes ces micro-réparations ont-elle vraiment assouvi vos frustrations ?

En réalité, c’est la promesse de la satisfaction qui est bien plus forte que la satisfaction elle-même. Vous retournez sur tous ces sites et ces applications, car vous avez une promesse de satisfaction.

Le fait de ne pas pouvoir déterminer, quand cette promesse de satisfaction interviendra, fera que vous deviendrez de plus en plus accro. C’est le même problème pour un joueur compulsif au casino. S’il se met à gagner à chaque fois qu’il joue, il n’éprouvera plus aucun plaisir, mais le fait qu’il ne sache pas quand il va gagner, provoque une promesse de satisfaction très forte, et l’incite à jouer de nouveau pour cette promesse.

Eh bien, la mode c’est la même chose, la promesse de séduire, d’être remarquée, et autre égocentrisme de la sorte comme attendre une sac « Birking en croco » pendant 1 an vous frustre mais vous incite à racheter un objet de la même marque. Monsieur Dumas lui avait bien compris le concept.

Les outils internet sont beaucoup moins basiques que ne le pense Monsieur Pascal Morand qui parle de ‘Big Data’, mais quand vous avez travaillé sur internet aux Etats-Unis, vous travaillez avec des psychologues qui analysent les réactions des consommateurs sur les produits et qui mettent les utilisateurs en situation de dépendance.

Vous parlez du « Big Data » ; d’un concept qui a déjà fait son temps. Le monde d’Orwell que vous avez lu, est largement dépassé et l’internet est devenu un contre pouvoir avec les clients promoteurs et créateurs de marques ce qui va motiver les créateurs à se remettre en cause. D’ailleurs, n’est-ce pas Orwell lui-même qui disait ‘Je comprends comment. Je ne comprends pas pourquoi’. Je vous invite à réfléchir sur cette maxime.

Anonymode.

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