LE PARFUM OUBLIÉ

PARFUMSC’est comme le clapotement d’un égout servant de déversoir à parfums. Le parfum sous le règne de Louis XIV était plus utilisé pour masquer les odeurs nauséabondes que pour flotter dans nos narines. Il faisait partie de l’exception culturelle, qui était, tout d’abord, de créer à la fois le contenu mais aussi le contenant.

Depuis plusieurs années, la création est en berne ! Aucun parfum, digne de ce nom, n’est capable de rivaliser avec les parfums d’autrefois. En réalité, personne n’a compris que le parfum c’est comme la Haute Couture, il est un rêve qu’il faut nourrir.

Si vous ne faites pas de très beaux flacons, vous ne faites pas vraiment de parfum ! L’idée de cet article m’est venue un jour en allant visiter une parfumerie, un peu atypique, qui se trouve à l’angle de l’hôtel Meurice, où de vieilles marques comme Vionnet côtoient de jeunes créateurs.

J’ai vu un flacon Jean Patou – un flacon n’est pas le mot pour ce que j’ai vu – plutôt un emballage en verre entièrement fait en automatique avec un bouchon en méthacrylate peu seyant en comparaison avec le flacon que j’ai à la maison (fait main) et qui provenait d’un des meilleurs faiseurs au monde.

Aujourd’hui, ce que nous offre les parfumeurs est plus proche d’une prostitution de luxe que d’un vrai rêve d’excellence.

Nous avons commencé à transformer les pétales de rose en pétales chimiques pour finir par passer d’une production de flaconnages à des bouteilles industrielles pour la parfumerie.

Et pourtant, les vieilles recettes ont la vie dure : voici le nouveau poison, celui qu’on avait lancé dans les années 80, qui devait envahir la planète d’un poison chimique, et surtout, d’un point de non retour pour l’ensemble de la profession.

Mais, qui sont ces groupes qui possèdent la plupart des marques de parfums ! Les grands lessiviers américains, ceux qui, autrefois, finançaient les « Soaps Opéra » à la télévision, sont devenus aujourd’hui vendeurs d’odeurs emballés. Nous, par contre, nous ne sommes pas « emballés » !

Pour moi, le parfum, c’est un objet, c’est un échange avec l’autre, un acte d’amour, la même chose que quand nous échangeons nos fluides corporels pour faire l’amour. Mais, c’est surtout une multiplicité de métiers qui, aujourd’hui, ont disparu, car, aujourd’hui, le parfum ne fait plus rêver. On nous vend du rêve, mais quand on se trouve confronté aux produits, en une seconde, votre rêve retombe…. brisé dans le caniveau.

Enfin, où sont les Chantal Roos, les Vera Strubi, les Serge Mansau qui nous lançaient pour l’une Opium, Angel pour l’autre et Flower de Kenzo créé par le grand Serge ? Cette profession est un gouffre puant et si vous y pouvez plonger sans vous étouffer, vous verrez que l’horreur se voudrait de l’art ! Vous plongez dans la fange d’hommes et de femmes sans saveur mais surtout sans odeur – un comble pour ce métier – et, surtout sans avenir.

Anonymode.

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